Chaire E-Santé | Publication dans une revue internationale sur la fragilité des seniors à domicile

C’est dans le cadre de la chaire E-Santé & bien viellir du Professeur Achille Tchalla et avec le soutien de la Carsat que la cohorte FREEDOM a été mise en place. Le professeur et ses équipes ont ainsi pu suivre 1085 personnes de 65 à 89 ans afin de contribuer aux recherches menées sur la fragilité des seniors à domicile.

 

LE CONTEXTE

Le dépistage de la fragilité et la mise en place précoce d’actions de prévention sont des enjeux sociétaux majeurs pour permettre un vieillissement en bonne santé. Ce dépistage précoce et la mise en place d’actions préventives sont recommandés par l’OMS. C’est l’exemple du programme ICOPE en cours de déploiement en France.

En Limousin, pour contribuer au vieillissement en bonne santé, l’équipe de recherche a créé la cohorte FREEDOM-LNA constituant une étude observationnelle du vieillissement en population générale avec des personnes âgées suivies à domicile par l’UPSAV (Unité de Prévention, de Suivi et d’Analyse du Vieillissement). La Chaire e-santé, bien vieillir et autonomie de la fondation partenariale de l’Université de Limoges avec le soutien de la CARSAT Sud-Ouest a permis la structuration d’une cohorte en Limousin pour le suivi de fragilités de la personne âgée. Ils décrivent ici dans ce premier article paru dans une revue internationale, les caractéristiques d’une cohorte de sujets âgés suivis pour la détermination des trajectoires de fragilité et de perte d’autonomie.

 

METHODES

FREEDOM-LNA était une cohorte longitudinale historique menée par l’UPSAV (CHU, Service Clinique de Gériatrie, Limoges, France). L’UPSAV est une unité clinique composée d’une équipe multidisciplinaire dédiée composée de médecins gériatres, d’infirmières, d’ergothérapeutes, de psychomotriciens et de travailleurs sociaux. L’équipe réalise des bilans gériatriques préventifs globaux en population générale à domicile dans le but de détecter les risques de perte d’autonomie et les signes annonciateurs de fragilité. Les sujets sont sollicités auprès de différents canaux d’information incluant les professionnels de santé (médecins de famille, spécialistes ou hôpitaux), les professionnels sociaux, les proches (aidants familiaux ou amis) ou par le sujet lui-même. La cohorte FREEDOM-LNA comprenait des sujets âgés ≥ 65 ans avec au moins deux comorbidités, ou âgés ≥ 75 ans suivis par l’UPSAV entre le 01 janvier 2010 et le 31 août 2017.

 

RÉSULTATS

La cohorte FREEDOM était composée de 1085 sujets de 65 à 89 ans avec majorité de femme (68,3%). Des facteurs de risque cardiovasculaire étaient présents chez 88,4 % des sujets. Des signes musculosquelettiques anormaux ont été signalés chez 44,0 % et des signes neurologiques chez 31,9 %. Il y avait 44,8 % de sujets à risque de dénutrition (MNA <24) et 73,3 % (668/911) à risque d’incapacité liée à la mobilité (SPPB ≤9) ; 39 % (384/973) des sujets avaient des fonctions cognitives altérées (MMSE < 24, ajusté sur l’éducation) et 49,0 % (397/810) avaient des signes de dépression (GDS > 9).

 

Concernant l’évaluation du statut de fragilité : 31,8 % (240/753) étaient fragiles et 58,3 % étaient préfragiles. La plupart des sujets avaient au moins une incapacité dans les (AVQ) Activités de la Vie Quotidienne (66,9 %) et les (AVQI) Activités instrumentales (85,1 %). Le SMAF indique une perte d’autonomie dans 59,6%. Dans l’ensemble, 59,9 % des sujets ne pouvaient pas rester à domicile sans au moins une aide. En conséquence, une consultation médicale était proposée dans 68,2 % et 42,1 % des accompagnements sociaux.

 

CONCLUSION

La prévalence de la fragile était de 32% et 58% pré-fragile. Les séniors présentaient des signes de perte d’autonomie fonctionnelles qui peuvent s’expliquer par de multiples facteurs, notamment un mauvais état général, de mauvaises performances physiques, des troubles de la mémoire, l’isolement social, la dépression et la dénutrition. Cette cohorte permettra de déterminer les facteurs qui influencent négativement la trajectoire de la fragilité et permettra de proposer un modèle de dépistage précoce avec des actions préventives correctives à mettre en œuvre au moment du départ à la retraite.

 

Consultez l’article dans la National Library of Medecine en suivant ce lien.