Pascal Samptiaux : « Nous sommes contents qu’avec notre soutien, nous puissions faire avancer la recherche dans ce domaine »

 

L’ALAIR-AVD, dont la mission est d’assurer la prise en charge à domicile de traitements nécessitant un appareillage médical, est membre donateur de la Fondation partenariale. Rencontre avec son président Pascal Samptiaux.

 

L’ALAIR & AVD est une SAS d’origine associative. Pouvez-vous nous présenter votre structure, son histoire, son activité ?

ALAIR est née en 1974 à l’initiative du Professeur Gay, réanimateur au CHU, qui avait tout de suite vu l’intérêt d’un concentrateur d’oxygène, nouveau dispositif médical destiné aux insuffisants respiratoires, apparu à cette époque. Ce dispositif permettait d’assurer un traitement à domicile beaucoup moins onéreux que le traditionnel traitement par bouteille d’oxygène. Il a donc décidé de créer une association, l’AAIR (Association d’Aide aux Insuffisants Respiratoires) avec d’autres médecins, pour assurer la prise en charge de ce matériel. Les pharmaciens d’officine ont été sollicités, mais n’ont pas adhéré à l’idée de prendre en charge ce dispositif, et ce n’est qu’en 1981 que les choses ont avancé. A ce moment-là, un certain nombre de structures identiques se sont créés sur le territoire français. Afin de les regrouper, le Ministère de la santé a favorisé la création de la fédération ANTADIR. La même année l’association AAIR s’est transformée en ALAIR (Association Limousine d’Aide aux Insuffisants Respiratoires) sous la présidence du Professeur Gastinne et grâce à une convention passée avec l’assurance maladie, le financement des soins a pu être assuré.
En parallèle de cela, dans les années 1980, il y avait l’AVD (Assistance Ventilatoire à Domicile), une association en Charente qui faisait également partie du réseau ANTADIR. Les médecins d’Angoulême se posaient exactement les mêmes questions que les médecins de Limoges et voulaient bien assurer le suivi des patients, sans avoir de responsabilités financières sur l’activité.
En 2003, les deux associations ont donc transféré le personnel ainsi qu’une partie de leurs actifs au sein d’une seule et même structure : c’est ainsi qu’ALAIR- AVD est née. ALAIR (aujourd’hui sous la présidence du Pr Melloni) et l’AVD (sous celle du Dr Amoudi), actionnaires exclusives de la société poursuivent leur activité notamment dans le financement de la formation médicale et para médicale, de la recherche ou encore dans l’action sociale.
Depuis la simple prise en charge de l’oxygénothérapie par concentrateur, la structure a rapidement élargi son action et proposé d’autres traitements respiratoires, telles que la ventilation mécanique, la trachéotomie, puis en 1988 la pression positive continue pour le traitement de l’apnée du sommeil. Dans les années 1990, le traitement par oxygène liquide, déjà connu en milieu hospitalier, mais une nouveauté dans les traitements à domicile a pu être assuré.
Dans les années 2000, nous avons proposé le traitement du diabète de type 1 par pompe à insuline, et tous les traitements par perfusion (nutrition parentérale, chimiothérapie, antibiothérapie…) grâce à des infirmiers et un médecin. En parallèle, nous avons aussi débuté la prise en charge de patients sous nutrition entérale, avec le soutien de plusieurs diététiciennes salariées de notre structure. A cela s’ajoute le travail de nos assistantes sociales, car nous prenons également en charge les problèmes sociaux des patients, un aspect de notre prestation qui nous parait essentielle.

 

Vous êtes président de ALAIR-AVD. Quel est votre parcours et comment se présente votre quotidien aujourd’hui ?

Je suis pharmacien de formation et après mes études, j’étais interne en exploration respiratoire au CHU de Limoges depuis deux ans. A cette occasion, j’ai fait ma thèse sur l’oxygénothérapie et cela m’a amené à rencontrer la directrice de l’ALAIR de l’époque.  Lorsque j’ai appris que ce poste était à pourvoir, j’ai posé ma candidature et c’est en 1985 que j’ai rejoint l’ALAIR.
Je n’ai donc jamais exercé ma profession dans le milieu de la pharmacie d’officine. Cependant, le métier de pharmacien est indispensable au sein de notre structure en raison notamment de l’oxygène : considéré d’abord comme un gaz industriel, il est devenu un médicament dans les années 1995.
Mon quotidien a évolué depuis mon arrivée dans la structure ALAIR & AVD, et il évolue encore. Je suis assisté aujourd’hui par quatre directrices, chacune responsable d’un domaine spécifique : une directrice médicale, le Docteur Lajoie, une directrice administrative et financière, Madame Gäertner,  et une directrice opérationnelle qui s’occupe des équipes technique, sociale mais aussi de la distribution de l’oxygène, et également de l’assurance qualité, Madame Gervais. Enfin,  une directrice développement et communication, Madame Guinot. Mon métier a beaucoup changé, je garde un œil sur la société, mais nous adhérons également à un syndicat de structures qui œuvrent dans le même système, le SNADOM (Syndicat National des Associations d’Assistance à Domicile). Je suis donc régulièrement à Paris, en contact avec le Ministère et les différents interlocuteurs.

 

Vous êtes mécène de la Chaire « Pneumologie Expérimentale » depuis son lancement en 2012. Quel est l’objet de cette chaire ?  Pourquoi avez-vous décidé de vous investir dans ce rôle de mécène?

Les chercheurs de cette chaire effectuent des recherches sur le cancer bronchique pour identifier de nouveaux biomarqueurs par l’étude des exosomes qui circulent dans le sang. L’objectif est de progresser dans le diagnostic de ce type de cancer afin d’améliorer la prise en charge des patients.
Nous suivons de près ce projet de recherche. Les responsables de la chaire nous tiennent régulièrement au courant et ils interviennent lors de nos assemblées générales pour en informer l’ensemble de nos salariés. Il est important que nos salariés participent dans la mesure où la société soutient ce projet en tant que mécène – un engagement dont ils sont très fiers.
Nous avons soutenu la chaire dès son démarrage en 2012 avec un engagement pour trois ans que nous avons déjà renouvelé une fois. Nous espérons pouvoir continuer au-delà de 2018. La recherche est un travail de longue haleine, d’où l’importance de prolonger notre partenariat afin que les travaux qui ont été commencés puissent se poursuivre. La voie est prometteuse, nous ne pouvons pas encore parler de résultat sur l’homme, mais ils ont fait des découvertes majeures, trouvé des pistes de recherche intéressantes. Je ne vais pas rentrer dans le détail scientifique de la recherche, car les médecins et chercheurs sont plus à même d’en parler, mais je pense par exemple à l’article qui a récemment été publié dans Nature Communications sur le dépistage du cancer [Consultez l’article ici].

Notre investissement est lié à la présence au conseil d’administration du Docteur François Vincent, co-responsable de la chaire d’excellence, qui a présenté ce projet de recherche et a sollicité notre soutien. L’implication de ALAIR-AVD dans le domaine des pathologies respiratoires a ainsi permis d’établir un lien avec les activités de recherche de son laboratoire (Homéostasie Cellulaire et Pathologies (HCP)) dans le domaine de l’oncologie thoracique.

 

Comment résumeriez-vous la collaboration qui vous unit à la Fondation partenariale ? En quoi cette relation université-entreprise vous paraît-elle essentielle ?

Pour la société, cet engagement est important vis-à-vis du grand public. Pour l’Université, cette collaboration est essentielle pour la recherche.  A mon avis, il est nécessaire de soutenir de tels projets, parce qu’avec de moins en moins de financements, il faut qu’il y ait quelqu’un qui accepte d’aller dans ce sens-là. La recherche sur le cancer me semble particulièrement importante parce que cette maladie frappe de plus en plus de personnes. Nous sommes donc contents qu’avec notre soutien, nous puissions faire avancer la recherche dans ce domaine.

 

Vous êtes ancien étudiant de l’Université de Limoges ? Qu’est-ce qui vous a marqué lors de votre temps à l’Université de Limoges ?  

Oui, je suis un ancien étudiant de la Faculté de Pharmacie de l’Université de Limoges. Cela fait plus de 35 ans maintenant.
Forcément le temps à l’Université laisse des traces indépendamment des années où il fallait bûcher. C’est un passage dans la vie, un passage important pour tout ce qui suit après, car elle nous forme pour notre métier. Il m’arrive de retrouver des cours et je me demande comment j’ai pu faire pour apprendre autant de choses.
Au sein d’ALAIR-AVD nous donnons une grande importance à la formation : nous avons une forte dotation pour la formation du personnel et nous y mettons des sommes qui dépassent très largement les obligations qui sont faites aux entreprises pour la formation et nous y tenons.