Presentation d’Anne Rapin à Gueret


Le 27 février 2018, à l’invitation d’EDF, Anne Rapin a présenté à Guéret ses travaux de thèse sur la mobilité du phosphore sédimentaire en contexte de retenue hydroélectrique à plus d’une trentaine d’invités représentant les différents acteurs de l’eau du bassin de la Creuse amont.

Cette thèse a été réalisée au laboratoire GRESE dans le cadre de la chaire Grandes Retenues et Qualité des Eaux, financée par EDF dans le cadre de la fondation partenariale de l’université de Limoges

Après une présentation générale de la problématique de l’eutrophisation et de l’accumulation du phosphore (P) au sein des retenues, Anne a exposé ses résultats concernant :
(1) l’impact de barrages en cascade sur les teneurs et la distribution du P sédimentaire le long du continuum fluviatile. Il ressort que les teneurs en P sont 5 fois plus élevées dans les sédiments de barrage par rapport aux sédiments de rivière; cependant il n’a pas été mis en évidence de différence majeure le long du continuum, les teneurs en P dans les sédiments de rivière étant similaires en amont et en aval des barrages. Au sein des barrages, la teneur en P évolue de façon croissante de l’entrée des retenues jusqu’au pied des barrages ; le phosphore est majoritairement associé aux oxy-hydroxydes de fer.
(2) le risque de mobilisation du P sédimentaire vers la colonne d’eau est assez important, 30 à 60% du P sédimentaire sont potentiellement remobilisables en fonction des conditions physico-chimiques. Il a été montré une différence dans le comportement des sédiments à jouer le rôle puits de P (stockage du P de la colonne d’eau vers les sédiments) ou de source de P vers la colonne d’eau (relargage de P pouvant soutenir le phénomène d’eutrophisation). En effet, les sédiments de la première retenue (Champsanglard) représentent une source de P vers la colonne d’eau alors que ceux de la retenue la plus en aval (L’Age) peuvent jouer un rôle puits ou de source de P suivant la concentration en P dans la colonne d’eau.
(3) l’exposition des sédiments à une succession de conditions aérobie/anaérobie conduit au relargage de phosphore, les mécanismes qui gouvernent cet relargage sont conjointement la dissolution des oxy-hydroxydes de fer et les interactions avec la matière organique réfractaire.

Suite à l’exposé, les questions ont donné lieu à des échanges intéressants sur la problématique d’eutrophisation des masses d’eau. Le débat a concerné les modalités de gestion pour contrôler l’eutrophisation et les traitements pouvant être appliqués pour éviter les efflorescences cyanobactériennes. Le bilan des stocks de P accumulés dans les retenues et leur gestion a été une question importante. Les estimations des stocks de P évalués dans le travail de thèse ont été rappelés, il a aussi été indiqué les résultats du travail de thèse concernant la distribution du phosphore dans les carottes de sédiments, montrant des teneurs en P plus élevées dans les sédiments situés à plus de 50 cm de l’interface eau/sédiment. Cette baisse de la teneur en P en surface peut être associée à la diminution des teneurs en P dans les eaux au cours des 2 dernières décennies.

Une suite à ces travaux est envisagée au travers de nouvelles études qui pourraient être menées en partenariat avec les acteurs locaux

EDF et le GRESE remercient l’agglo du Grand Guéret pour avoir mis des locaux à disposition pour cette présentation.

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